Accéder au contenu principal

Sans être comptabilisée

Charlie Rouse - Merci bon Dieu - passé en boucle. Merci de quoi? Je me le demande parfois.

D'être en vie. Et puis d'avoir un toit, et de quoi se nourrir. Un pas vers la résilience.

Il y aurait certainement une foi personnelle, réduite à l'essentiel à développer autour de ce point. Mais que les athés et agnostiques me pardonnent, il s'agirait avant tout d'un rapport personnel de gratitude envers l'adversité avant d'être une relation avec l'Immatériel.

Et surtout ne pas chercher le contexte de ce morceau. Rester dans les impressions.



Lundi 31 mai au matin 9h00 -
"J'ai de mauvaises nouvelles pour vous, les embryons n'ont pas tenu. Ils ne pourront pas être transférés." Avec peut-être une certaine gêne du personnel médical qui souhaite éviter un débordement (que peuvent faire les gens dans la détresse) et la question de savoir pourquoi nous n'avons pas été appelés au téléphone pour cela avant.


Ce matin là, dans le transport, nous nous projetions dans un futur possible.


"Mais ne vous en faites pas, les tentatives annulées en cours de protocole ne sont pas comptabilisées pour la prise en charge de la sécurité sociale". Tandis que se projetait dans ma tête le film du traitement qu'elle avait suivi pendant un mois en décapeptyl, puregon, monazol... je me demandais s'il s'agissait pour notre annonciatrice d'exprimer sa sollicitude avant de passer à d'autres patients.

Le souvenir du reste de la journée se passera
en radar automatique. Elle sera forte et trouvera que l'expérience lui a permis de comprendre dans sa globalité le protocole amenant à la FIV. Elle exprime le besoin de savoir dans un monde médical étranger pour elle.



Eeto, de Paris

Commentaires

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Et tant que mes pieds n'arrêteront pas de marcher

L'année 2012 aura effectivement été pour moi la fin d'un monde et l'expérience de choses terribles ou parfois positives. L'année 2013 commence sans but, dans l'absurdité, et je ne sais pas où me mèneront mes pieds. ***** Il est surprenant que ce soit K qui m'ait amené dans cette association caritative qui agit pendant la période des fêtes. Il y avait sans doute cette envie d'agir pour quelque chose qui traversait les époques de ma vie sans se matérialiser. Jusqu'à ce jour. Une étrange occasion. Un dimanche 23 à transporter du matériel, de la nourriture et des boissons pour la soirée. Un 24 après midi à installer la scène dans un endroit peu ordinaire. En fait, agir directement pour les autres est une bonne chose qui chatouille le corps et l'esprit... Et tant que nos pieds n'arrêterons pas de marcher... Se sentir utile à quelque chose. Donner de son temps permet de recevoir beaucoup : de l'énergie, un sentiment d...

Août se cherche un peu

Ainsi s'achève...  FIN Ces lettres ont cette saveur de l'éphémère joie d'un accomplissement de fin d'été.   夏の果 marque pour moi cette apogée imaginaire du basculement dans un autre univers.  L'été à Paris, lui, est à apprivoiser, tant ses pics de chaleurs sont de plus en plus redoutés dans des logements mal adaptés... Dormir à plus de 30 degrés cela épuise.  La chance fut sans doute la venue de quelques vagues de fraicheurs brisant la monotonie calorifère . Cet été parisien offre  pourtant des opportunités et promesses de  motivations pour des activités souvent inabouties le reste de l'année : ici une lecture de roman, là un développement photos... Et puis, profitant de l'absence d'activités extra-professionnelles pendant deux mois, j'ai décidé de me remettre à écrire des nouvelles. L'envie était revenue il y a quelques mois, à l'occasion d'un voyage au Japon, avec une interrogation : où écrire à Tokyo ?  L'autre jour K me conseillait...

La FIV I

"Mais bon, vous allez passer par un hôpital n'est-ce pas ?" Avec les progrès de la médecine, il existe un certain nombre de techniques d'assistance médicale à la procréation (AMP) qui permettent d'aider les couples en peine de fertilité. A ce moment je n'avais pas eu conscience que seule l'existence de ces techniques avaient été popularisées et non pas leur processus dans le détail, comme-ci nous allions passer chez un concessionnaire puis presser un bouton avant de rentrer... Il avait fallu quelques années de travail sur soi pour pouvoir le dire : Auparavant, quand au détour d'une conversation au bureau, l'on me posait la question "alors c'est pour quand le bébé ?", "vous n'en voulez pas toi et ta femme?"..., je répondais, un coup au cœur, que l'on attendait le moment propice. Depuis, la parole libère : "nous avons des difficultés à en avoir". L'interlocuteur est gêné, peiné pour nous mais n'est...