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Ce qui nous colle à la terre


Le staccato d'armes des terroristes m'avait apparu aussi innocent que le bruit des feux d'artifices dans ma demi inconscience du matin : j'habitais alors bien près d'un des lieux des drames de janvier 2015, et l'irréalité de l'événement me choquera durablement.Sans croire qu'un bis repetita se profilait en novembre.
 Au début, l'idée était là : nous pourrions mourir au coin de la rue, sur une terrasse ou dans une salle de concert. Cela n'était pas loin d'une pensée pendant une période de guerre - mot malheureux, s'il en était, de notre président. 
Et puis cela s'est délité : si la peur est toujours là, elle s’amenuise, on fait confiance au quotidien et à la "Réponse" des officiels et ce qu'ils proposent, mais uniquement par résilience. 

Ceux qui n'ont pas le choix de vivre ailleurs et restent collés à cette terre semblent naturellement demander plus de sécurité. Je ne leur en veux pas. Il apparaît bien facile avec un recul de faire sienne la citation de Benjamin Franklin.(1)


J'ai attendu que les émotions se mettent en parenthèses pour mentionner les attentats terroristes de novembre ici, laissant passer stupeur et colère dans cette répétition barbare... J'avais dans le cœur la volonté de rester imperméable aux tentations protectionnistes et stigmatisantes. 

Nulle réflexion fondamentale ou proposition de solutions : je me sens bien mal équipé pour faire face aux défis de ce monde moderne et passe vraiment trop de temps à la survie, à compter les fins de mois à l'approche de la quarantaine. Il m'arrive d'emprunter de l'argent avant le 26 pour tenter de le rendre ensuite. C'est un quotidien qui anesthésie un peu.

La parole se devrait d'être quand même libre et nous pourrions réfléchir à redéfinir notre interventionnisme au moyen Orient (quid des alliés des occidentaux, de leur comportement, de la dépendance énergétique, de notre influence sur ces régimes... Agir, ne pas agir ?) et s'interroger sur l'influence d'un extrémisme islamisme (sans stigmatisation aucune, regarder réellement les mécanismes qui tendent vers l'extrémisme et agir sur les causes). Quelles solutions ?

Peut-être faudrait il insister sur la laïcité comme mode d'emploi d'un vivre ensemble et non pas comme phénomène d'exclusion de la religion de la sphère publique. Il me semble que l'on ne peut pas se contenter de répondre que la situation économique est le problème et la solution. L'éducation et l'éthique sont importantes.

Ici, la Ville capitale change de physionomie, peut-être plus qu'avec l'installation du vélib.
Les militaires sont fortement présents avec l'état de siège. Nous montrons nos sacs de bonne grâce à l'ouverture d'un lieu public, sans plus ronchonner. Il faut présenter sa carte pour pénétrer dans son bureau, tant que le vigile ne regarde pas ailleurs ou est à jeun. 

Finalement, rien ne change. Nous avons repris notre vie comme avant, tout en y pensant.

Eeto, de Paris

(1) certains textes de la blogroll paraissent parfois bien surprenant. La possibilité de l'éloignement est sans doute autant un bienfait qu'une malédiction.

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