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la liberté des péniches, celle des oiseaux...

Même si l'abri de ta nuit est peu sûr
et ton but encore lointain
sache qu'il n'existe pas de chemin sans terme
ne soit pas triste
(Hãfiz - poète persan)

In L'usage du monde de Nicolas Bouvier


Le parcours du matin tend à prendre des allures de rituel. Les détails autrefois mis à jours par une lumière encore jeune, finissent par devenir invisibles et la limite d'une heure d'exercice dans un rayon d'un kilomètre s'impose comme une contrainte. 

Flâner en ayant en tête ce banc isolé sur le parcours pour lire, tout en oubliant l'heure, serait sans doute vu comme un acte d'incivisme insupportable. Mais seuls les oiseaux et les péniches semblent libres ici...



Je me contracte en rentrant, me ramasse devant l'ordinateur affecté au travail à distance, attendant la fin de la journée laborieuse sans autre transition que le passage d'une pièce à une autre.

...Et puis il reste la lecture pour dilater cet univers. Une lecture à haute voix, pour occuper l'espace, le meubler de L'usage du monde. Après tout, cette lecture en vaut bien d'autres.

Eeto, le 23 avril 2020

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