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Articles

Le souffle

Et l'on repousse le temps de retourner chez soi Et l'on traîne dans les rues jusqu'à ce que la nuit tombe Et s'allument les néons électriques de la ville  Où les amoureux se tiennent par la main Où les familles marchent de concert en rentrant enfin Où passent en courant les policiers en civil vers leur but bien incertain Et où s'extériorise cette impression de bombe Je tombe, soufflant sur ma foi Dans un hallelujah retentissant Ne pas penser tandis que les mains plongent dans le sandwich, le reflet de la vitre répétant toujours la même rengaine vague sur ton âme. Mais nous venions ici répète une petite voix. C'est l'inconvénient de laisser ses pas se diriger, ils reviennent toujours vers des lieux de connaissance. Un soupir dans ce souffle.

Le mail

J'ai eu bien peu de contacts depuis son départ en octobre dernier jusqu'à ce qu'elle m'envoie quelques mails il y a peu et me contacte par téléphone pour m'informer d'un retard de règles depuis cinq semaines se concluant par un test positif. Et elle me dit qu'elle ne portera pas à terme cet enfant. Après avoir réfléchi, économiquement elle ne peut l'élever. Elle va donc faire un IVG et doit s'habituer à ne jamais avoir d'enfant. C'est comme si je portais le poids d'un péché et d'une faute : comme si par ses mails et son appel téléphonique elle avait voulu subconsciemment, inconsciemment, souhaiter que je lui dise reviens avec cet enfant en devenir. Je suis triste, en colère, fataliste, dérouté, tourmenté. Je ne sais pas ce qui s'est passé là-bas, qui elle a rencontré, pourquoi n'a-t-elle pas eu de rapport protégés, pourquoi est-elle tombée enceinte aussi rapidement avec cette personne (alors que nous attendions dése...

Il m'arrive de relire mon bréviaire...

Nous sommes des voyageurs en chambre... Lorsque nous sommes habités par une passion étrangère - et il faudrait définir ce sens - celle-ci s'exprime par l'effleurement d'une voyage touristique et des animations issues du terreau d'une politique culturelle en emphase. Il aura bien fallu relire Nicolas Bouvier pour le comprendre :  il y a en nous quelque chose, un je ne sais quoi, de bourgeois, attaché à la terre, à l'endroit d'où nous venons. Il y en a bien qui se brûlent les ailes ou brûlent leurs vaisseaux*. Mais le propos n'est pas ici pour eux. La ligne de séparation se clarifie. "Nous avions deux ans devant nous. Et de l'argent pour quatre mois. Le programme était vague, mais dans pareilles affaires, l'essentiel est de partir (...)"  - in Nicolas Bouvier - avant propos - l'usage du Monde. Nous n'étions pas de cette étoffe là. Il nous restait à découvrir le bois dont nous étions faits. Je refermais cet én...

Et tant que mes pieds n'arrêteront pas de marcher

L'année 2012 aura effectivement été pour moi la fin d'un monde et l'expérience de choses terribles ou parfois positives. L'année 2013 commence sans but, dans l'absurdité, et je ne sais pas où me mèneront mes pieds. ***** Il est surprenant que ce soit K qui m'ait amené dans cette association caritative qui agit pendant la période des fêtes. Il y avait sans doute cette envie d'agir pour quelque chose qui traversait les époques de ma vie sans se matérialiser. Jusqu'à ce jour. Une étrange occasion. Un dimanche 23 à transporter du matériel, de la nourriture et des boissons pour la soirée. Un 24 après midi à installer la scène dans un endroit peu ordinaire. En fait, agir directement pour les autres est une bonne chose qui chatouille le corps et l'esprit... Et tant que nos pieds n'arrêterons pas de marcher... Se sentir utile à quelque chose. Donner de son temps permet de recevoir beaucoup : de l'énergie, un sentiment d...
Dimanche 9 décembre à 1heure 30 du matin, je me mettais à écouter Yun Sun Nah chanter Avec le temps sans trop y croire. Je n'arrivais plus à dormir sans un cachet ou une bière. Entre les deux il faut choisir. Ou ne rien avaler mais garder un sommeil agité. Depuis il ne reste plus qu'une solitude et tristesse avec la certitude d'une finalité pleine de regrets. ***** J'ai repris le chemin de la cuisine approximative. Au début je ne savais pas quoi préparer d'autre qu'un pot-au-feu, mais depuis je suis entré en résistance et j'insère du Daikon dans le pot-au-feu. Je relève la soupe d'un peu de shoyu, prépare une soupe miso... De temps en temps. Il faudra donc que je me mette aux tsukemonos (pickles japonais). Non par la volonté de vivre dans un passé factice, mais parce que je suis la somme de ces expériences et les plats que j'ai aimé font partie de moi désormais. ***** La montée des marches numérotées de la station de la bibliothèque ...

Une vie faite de fragments

Ce matin aux heures dorées, le lever me laissait une saveur étrange après plusieurs nuits d'insomnies répétées. Je me remémorais dans un état proche de l'inconscience mon passage dans la maison familiale.  Et cette "boite à souvenirs" où j'avais entreposé ce qui me reliait à elle... Des photos... ... des fragments de poèmes de mirliton parfois inachevés... Comme celui-ci, qui me revenait aussi clairement que si je l'avais écrit hier : Le train : Alors que ma raison déraille Le paysage se défile sans cesse Et mon pauvre cœur qui défaille Pour me ramener à toi se presse (avril 2004) Nous nous étions rencontrés l'année d'avant et débutâmes notre histoire en janvier 2004. Des vies séparées par plusieurs pays pendant un peu plus d'un an. Je repartais la voir cette année (2004), le mois suivant cette composition, laquelle m'était venu dans un RER dans le cadre de l'attente insupportable.  Il y avait à l...

Les cartes postales jaunies de la chambre de la maison familiale

Je passe aujourd'hui quelques jours chez mes parents, à la jikka (maison familiale), avec le chat. La petite bête semble s'habituer après un voyage en voiture un peu difficile...Et un pantalon mouillé par son stress. Ma chambre sert à présent de pièce pour l'ordinateur du père et de rangement des jouets de neveux et nièces en plus d'un clic clac pour les invités. Reste tout un tas d'affaires me concernant ici. C'est à la fois rassurant et angoissant, le retour. Je retrouve mes rangées de livres d'arts japonais à la même place, comme si j'étais parti il y a quelques jours. Ils ramènent à un passé tourné vers l'Est et une notion d'avenir potentiel qui existait. Maintenant. Rien. Je profite donc de ces quelques jours pour faire du tri, du rangement, des cartons. Mes parents envisagent toujours de partir en région pour leur retraite, mais tous leurs enfants et petits enfants sont dans l'île de France. Ils hésitent. Le rangement en boites...