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Articles

fragments du passé au présent

Je me souviens de fragments... Direct raté, il  fallut bien se résigner à se rabattre sur l'omnibus. Carreau d'arbalète fusant dans la nuit, le RER sépare de son souffle deux réalités, le monde de l'hyper centre, laissé derrière lui et le monde excentré de la grande banlieue, jusqu'à son terminus, un dead-end, impasse où l'on ne peut aller plus loin, sauf à  marche forcée pendant une heure. C'est que là bas, l'heure est bien peu propice aux bus nocturnes. À chaque étape, le RER crache Son lot d'égarés , se vidant progressivement de sa substance et avec le temps, l'esprit fatigué vire au fantasme. La gare reste encore animée à sa sortie, tandis que les horloges sonnent la première heure; on y scande des "taxis" comme d'autres crient Malborough à la sortie d'Aubervilliers ou de Barbès, pour vendre des produits de contrebande. Vite, s'éloigner de tout cela, brûler toutes les étapes jusqu'au silence des vo...

Petite chronique d'un confinement français

Dimanche 15 Mars, dans la lointaine banlieue où j'ai déménagé l'été dernier. semblant ignorer nos turpitudes humaines l'arbre épanoui Après un trajet au bureau lundi 16 mars 2020 dans une rame presque vide, la découverte des instructions pratiques relatives au confinement sur mon lieu de travail - je ne dispose pas de la télévision, ne regarde pas mes mails professionnels le week-end et m'étais trouvé assez éloigné d'internet ce jour- je pris le train du retour en pensant à mes échanges sur la situation actuelle avec les collègues venus travailler, faute d'avoir eu les instructions à temps : la responsabilité de chacun, les mesures de "confinement social" personnelles à prendre en compte, tout autant que l'adaptabilité de nos tâches à un télétravail à établir de façon impromptue . Il est assez fascinant, sans juger de la pertinence de ces mesures censées lisser un pic de pandémie grave, que, pour un gain de sécurité, la majo...

L'occupation de l'espace dans un café parisien

La difficulté à penser, composer, écrire, étudier, lire ou travailler chez soi en dit beaucoup sur son rapport au foyer,  à sa vie et son espace personnel. La nécessité de trouver un lieu de vie comportant suffisamment de calme et d'intimité sans pour autant virer dans le confinement, me pousse ailleurs que dans des bibliothèques où l'on n'est jamais à l'abri d'un éclat d'écoliers, étudiants évacuant leurs stress ou événements culturels divers. C'est que toutes ces bibliothèques sont devenues des lieux de représentations de conteurs, musiciens ou autres représentants, qui rentrent parfois en conflit avec l'usager traditionnel, en occupant l'espace. Il faut alors se rabattre sur autre chose. Le café devient une stratégie. Mais lequel ? Étudier les configurations, les allées et venues, le bruit potentiel... Le bistrot s'est transformé en un lieu de placement de plus en plus précoce des nappes blanches pour les déjeuners ou dîners, ...

Takamatsu, udon no kuni kara

J'ai laissé échapper quelques bribes, accaparé par le quotidien de remises en questions de nos univers, lieux de résidences respectifs et couple. Déjà une année passée et pourtant ces points restent en suspension... Le voyage fut principalement l'occasion de reconnaître que l'on se perd encore plus dans ses obsessions, à y revenir encore. Mais je n'ai pas l'impression, avec toute la lucidité dont je dispose, d'avoir le choix de changer de route. Un retour pour l'année prochaine ? En attendant 2019 pour tenter de solder quelques comptes avec mes souvenirs, l'Atlas historique de Kyoto me procure une joie certaine, où les cartes provoquent mes envies de territoires. Je n'ose plus trop revenir à Junkudo en ce moment pour compulser encore et encore l'exemplaire de démonstration... Septembre 2017 : Takamatsu, udon no kuni kara Après l'émotion du retour et les présentations, puis la question d'usage sur mon agilité dans la l...

D'où vient parfois la lumière

Invité de façon impromptue, j'expérimente un pic-nic en soirée au Parc Mont-souris .  Etait-ce l'année dernière, où en raison de la chaleur, la Maire de Paris avait décidé de l'ouverture de certains des grands parcs l'été, 24h/24 ?  Ainsi de nouveaux usages se créent et les pique-niqueurs nocturnes ou sportifs de soirée investissent ces quelques îlots. Mais ces changements ne se font jamais sans la réprobation et les recours de quelques uns, dont les riverains des appartements cossus des environs. Le temps est gris et nous échappons aux gouttes d'un nuage récalcitrant en passant la bâche sous un arbre. L'ivresse et les rires ruissellent tandis qu'avec le passage des heures, l'obscurité noie les visages, jusqu'à ... Note pour une prochaine fois : bien vérifier la présence d'un téléphone bien chargé avec lampe torche et d'une Affligen encore pleine. Eeto

Kodawari râmen

Le soucis de vraisemblance de l'espace marchand se connecte assez facilement à l'idée de la nostalgie d'un temps vécu ou transmis des générations précédentes. Ce qui est plus surprenant, c'est la nostalgie rapportée d'une autre culture et d'un autre temps. Ce que l'on y vend ici, cela n'est pas uniquement le produit, mais une expérience immersive, bref, une connivence partagée avec le client, faite d'un paquet de références. Ce genre de démarche peut évoquer le parc Disney, à sa manière (avec les nombreuses références architecturales du parc). représentation de l'étal d'un ancien magasin de jouet et bonbons... Surtout connecté aux générations des années 50 à 70? Dans le soucis de vraisemblance, Kodawari Râmen (le "ramen exigent") se place dans cette nostalgie d'un Japon fantasmé et condensé de signes de l'ère Showa d'après guerre. Bien sûr, le lien ne se fait ici qu'au travers d'une nip...