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Du général au particulier, du particulier à la généralité culturelle

Il faut du temps pour faire murir certaines idées. Les pièces du puzzle se mettent en place silencieusement l'une après l'autre mais le concept n'apparaît qu'ensuite, le tableau se dévoile. De même pour la notion de différences culturelles dans le discours...

Plus qu'une nomikai, il s'agit d'un repas destiné à être le point final d'une série de rencontres autour d'une activité culturelle japonaise dont je suis le seul français. De part et d'autre, des nippons vétérans de la vie en France et en face de moi les deux professeurs que l'on a sans doute placé ainsi en vis à vis pour une raison qui me reste obscure. Au cours des conversations, je surprends le regard de la professeure qui me demande soudain si je ne me dispute pas avec mon épouse... notamment en raison de différences culturelles. Le deuxième sensei semble intéressé et écoute.

Sur le moment je ne sais pas quoi répondre : il s'agit avant tout de disputes courantes entre hommes et femmes, pas de quoi fouetter un chat. Mais naturellement des quiproquo jaillissent parfois de la manipulation des nuances de la langue et se transforment en dispute. Je réponds donc par la négative.

Aujourd'hui ma réponse serait-elle réellement différente ? Difficile de l'affirmer...

Je lisais parfois (sans être inscrit) le courrier du cœur du forum francejapon.net, notamment un sujet sur les français en difficulté avec leur épouse japonaise où il était question de la vie intime et la complicité après la naissance de l'enfant, de la place de l'infidélité possible en cas de manque relationnel... La plus part des réponses étaient assez convenues quant le conjoint s'interrogeait sur tel ou tel comportement de sa moitié (en substance "moi, je ne trouve pas...[la mienne n'est pas comme ça]", "vous saviez à quoi vous engager", "votre épouse est sans doute particulière"...). 

Ce qui apparaissait en filigrane était l'idée somme toute assez politiquement correcte (tabou?) du "ne généralisons pas", laquelle absout finalement l'idée de différences culturelles. Mais les fait elle disparaître pour autant ?

Je restais intrigué par cette absence dans le discours : en effet, si la nécessité d'éviter les généralités, sources de préjugés, apparaît importante, ne pas nier les différences l'est tout autant.

La difficulté à traiter de ces différences dans le discours tient sans doute à une notion d'échelle : les différences culturelles comportent une notion sociétale qui confine à une analyse "macroscopique" de traits de caractères des individus composant une société. Elles peuvent être mises à jour à ce niveau.

L'individu s'analyse d'un point de vue "microscopique". Il est ainsi difficile de prendre la responsabilité d'attribuer tel ou tel trait de caractère à un comportement culturel dans une société qui croit en l'universalité de l'homme.

Alors comment arriver à en parler ?

Eeto de Paris

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