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La boussole intime

Le TER avec compartiments, tandis que le soleil blanchit les fenêtres. Une persistance sur la rétine d'un sentiment de voyage. Retour sur Paris. Une ou deux bosses ? Pour n'avoir pas bien su ce qu'était l'adolescence, celle qui est faite d'expériences variées, je me croyais peu empreint de nostalgie.  C'est que mon adolescence fut toujours un peu freinée par cet accroc à un gène du corps, me rendant en partie spectateur de ma vie et de celle des autres, rassemblant mon énergie pas à pas pour le chemin que je pourrais parcourir. Je liais sans doute un peu trop la nostalgie à la perte de l'âge d'or intime, cette période de l'adolescence où le champ des possibles et les jeux de séductions naissants font croire à l'humain qu'il peut posséder le monde. Mais la nostalgie de l'ailleurs s'installe et s'alimente de bien des manières.  Les racines, je les connais : les frustrations du quotidien et impressions d...

Je n'arrive toujours pas à croire qu'ils soient des professionnels...

Il est un lieu commun dans nos sociétés de consommations, celui de nous avertir de ne pas nous attacher aux objets que nous possédons. Ou peut être faut il savoir s'en détacher au moment venu ? Mais nous y investissons parfois certaines charges émotionnelles importantes, à l'instar de ce porte monnaie que je possédais depuis plus de 10 ans, choisi par mon ex au Japon, petit et adapté à ma façon de vivre. Le vol d'un porte feuille, outre les désagréments de perte de carte bleue et d'identité, qu'il va falloir déclarer et renouveler, nous rappelle que les objets sont aussi des souvenirs... De fait, ma mère ne s'est toujours pas remise du vol de ses bijoux par des cambrioleurs il y a quelques années. Ce n'est pas la question du remboursement par des assurances qui la travaille, mais le témoin de ses années de couples avec mon père. Je suis parfois sidéré de "l'efficacité" des banques avec lesquelles je suis en relation, notamment en cas de...

Ce qui nous colle à la terre

Le staccato d'armes des terroristes m'avait apparu aussi innocent que le bruit des feux d'artifices dans ma demi inconscience du matin : j'habitais alors bien près d'un des lieux des drames de janvier 2015, et l'irréalité de l'événement me choquera durablement.Sans croire qu'un bis repetita se profilait en novembre.   Au début, l'idée était là : nous pourrions mourir au coin de la rue, sur une terrasse ou dans une salle de concert. Cela n'était pas loin d'une pensée pendant une période de guerre - mot malheureux, s'il en était, de notre président.  Et puis cela s'est délité : si la peur est toujours là, elle s’amenuise, on fait confiance au quotidien et à la "Réponse" des officiels et ce qu'ils proposent, mais uniquement par résilience.  Ceux qui n'ont pas le choix de vivre ailleurs et restent collés à cette terre semblent naturellement demander plus de sécurité. Je ne leur en veux pas. Il ...

La blanquette à la dinde

Cette blanquette s'est pensée à la dinde, notamment avec des morceaux de tiges de brocolis, des oignons ou carottes, du vin blanc et du reste de cidre, de la crème fraiche et du jus de citron. Accompagnée de riz rond du rice cooker. L'automne s'est déroulé de façon studieuse jusqu'à une conclusion décevante. Deux échecs après une année d'investissement et de sacrifice, c'est toujours s'exposer fortement avec une sensibilité qui s'est construite depuis l'enfance. La pression, notamment issue de cette ennuyeuse précarité, m'avait probablement tétanisé. Il y a sans doute une lassitude de plus en plus grande à l'approche de la quarantaine. Notre nouveau chez nous est sombre - la lumière indirecte -, avec un coin cuisine étroit et mal conçu. Il y a sans doute une part de stress dans tout cela. Cela s'apprivoise un peu. En attendant un jour un autre chez nous. Mais  bientôt, le quotidien nous rattrape : un mois surgit a...

Brève du 13e...

L'espace d'un après midi, la cour se pare de couleurs... ... Nous ne saurons jamais comment ni pourquoi...

premières rencontres dans la cours...

Je m'étonne toujours de la facilité avec laquelle K. noue des contacts avec les gens. Je suis d'une nature plus réservée. Sa sociabilité l'incite parfois à demander son chemin uniquement pour entamer une discussion : elle sait déjà où elle veut aller. Avec nos nombreux allers-retours pour notre emménagement, elle m'entraîne naturellement vers des bonjours éclairants notre passage dans la cours de cet immeuble populaire du 13e arrondissement. D'origine chinoise, il part d'un tonitruant éclat de rire en répondant à notre salutation. Sa femme, aussi sévère qu'il est jovial, se tient en retrait. Il est le traiteur asiatique du rez de chaussée et demande vite à  K.  "- Vous êtes de quelle origine ? - japonaise. - moi chinois. Je ne suis pas allé en vacances car il fait trop chaud pour moi et rester coincé dans une salle climatisée tout l'été, non merci ! (avant de rire à nouveau). Et vous quel pays ? (je tourne à vide pend...

Le devoir d'inventaire

Selon un ami architecte, notre nouvel immeuble est typique du début du 20e siècle : son apparence est cachée derrière des murs recouverts d'enduits. Un couloir d'entrée bas et étroit, débouche sur une cours centrale de laquelle partent 5 escaliers. 3 étages.  Une entrée basse, des couloirs et escaliers étroits, en bois. La rambarde est d'un bois sombre, vernis et lissé qui contraste avec le reste des parties communes. L'escalier n°2 possède une odeur légèrement acide, mélangée à la poussière des travaux de l'étage au dessus. Nous y réaliserons plusieurs exploits dont celui de transporter un convertible Ikéa à travers ces passages étroits. En fait, si le plus gros est fait, nous avons encore l'équivalent de quelques cartons à aller chercher dans nos appartements respectifs. En un sens, c'est fou ce que l'on accumule au fil des mois et des années et les déménagements imposent un devoir d'inventaire de la mémoire dans le tri de ces objets : v...