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Le bentô et l'objet "Japon"

Aujourd'hui j'ouvre mon Bentô pour découvrir en okazu (accompagnement) du shôga yaki (porc au gingembre). A côté, une maxime en japonais, photocopiée sur une revue "queneru" et placée par Elle.

Bentô : boite repas japonaise à la mode en occident. Celle-ci vient de Muji : elle a pour avantage,outre sa micro-ondabilité, sa forme rectangulaire adaptée pour une insertion dans un sac de type besace.

De Lionel Dersot (Daily Kogey): "J'ai une théorie pour expliquer l'engouement occidental pour les boîtes à bento. C'est le résultat de la crise économique, de l'impossibilité à Paris ou à Londres de manger correctement au mieux sans dépenser au moins le double de ce que cela coûte ici à Tokyo. (...)"

*****

L'autre jour X m'avait catalogué comme "japonisant" avant de me présenter des excuses. C'est que l'objet Japon charrie avec lui un bagage chargé ici : vous devez forcement lire les mangas, regarder les dessins animés, bien aimer les samouraïs et le rock mainstream visuellement inspiré de kiss et dès que vous voyez un objet avec le fameux j-label, vous sautez certainement dessus...

S'il y avait ici un pré-jugement rapide, l'anecdote m'a amené à me demander ce que signifiait cet objet Japon et le rapport que l'on peut entretenir avec lui (remplacez Japon par n'importe quel autre pays).

L'impression domine que l'intérêt pour l'objet en tant que tel, le label si vous préférez, ne dure que les premiers temps. Le primo-apprenant d'une culture/langue fera feu de tout bois...

Mais ensuite, peut-on se déclarer en faveur de l'objet, amateur dudit label ? Paradoxalement, la distanciation augmente à mesure que vous approchez de l'objet Japon (vous vivez sur place et/ou votre conjoint est du pays, etc...), car vous en avez intégré certains éléments. Bref, l'objet devient secondaire mais fait partie de votre quotidien.

Ainsi il est difficile de vous placer en amateur de cuisine japonaise si celle-ci devient votre quotidien (Elle cuisine peu français), mais vous pouvez dire que vous appréciez le tonkatsu... Tout autant que vous aimeriez le pot-au-feu.

Il est également inexact d'affirmer apprécier la "littérature japonaise" à ce point de la conversation, mais si vous lisez le japonais, vous risquez d'avoir également un ou deux auteurs sur votre table de chevet et générer l'effet voulu d'étiquetage sur votre interlocuteur.


Alors fan du Japon ? Je ne pense plus vraiment en ces termes.

Eeto de Paris.

Commentaires

  1. "Ainsi il est difficile de vous placer en amateur de cuisine japonaise si celle-ci devient votre quotidien" Pas si sûr, puisque l'expérience du quotidien est justement une expérience rare. A moins d'avoir un conjoint, une belle-famille et toutes les occasions de manger ensemble dans la maison, on passe à côté d'énormement de choses rarement offertes dans les restaurants.

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  2. Bonjour,

    Merci pour votre commentaire.

    Je vous suis sur l'expérience rare que constitue l'exercice du quotidien, lequel m'est précieux et donne un aperçu bien différent des restaurants.

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